Maladie
Hermann Wenng
Fléau de l’humanité! Les maladies augmentent; si l’on en croit les rapports et les journaux, elles ne diminuent pas, malgré des mesures sanitaires devenues si parfaites et malgré l’art des médecins qui, en dépit de leurs connaissances si accrues, se trouvent confrontés à tant d’énigmes insolubles.
– La maladie! Combien peu d’êtres humains sont réellement en bonne santé! Combien courte est la période de la jeunesse qui, sans charge maladive, peut se réjouir de ses jours, et combien, oui combien d’êtres humains sont malades dès le premier jour de leur vie, combien viennent au monde infirmes!
Combien court est aussi le temps imparti à ces êtres humains qui peuvent jouir d’une santé sans nuage, jusqu’à ce que, tout à coup, des dommages se manifestent — d’abord petits, puis grandissant comme une avalanche, se moquant de tous les arts médicaux, se révélant incurables, souvent après une amélioration apparente obtenue à force de peines, reprenant avec une violence renouvelée, bien que toutes les consignes de conduite soient scrupuleusement observées.
Certes, les anciens fléaux de l’humanité, la peste bubonique, le choléra, etc., ont été endigués au point de ne plus menacer au moins l’«Occident»; mais à leur place, d’autres maux sont apparus qui remplacent largement ce que les premiers ne peuvent plus accomplir. Que l’on songe seulement aux accidents de la circulation qui, malgré toutes les contre-mesures, ne cessent d’augmenter. Dans l’ensemble, l’être humain doit bien avouer qu’il reste impuissant face à tout cela, et que ce qui est arraché d'un côté à la mort toujours menaçante resurgit de l'autre de manière d'autant plus menaçante. Les hôpitaux des pays civilisés sont toujours pleins, ils sont surpeuplés, et dans les régions moins civilisées, les êtres humains qui les peuplent dépérissent tout simplement sans aide.
C’est un combat perpétuel sans perspective de victoire définitive — et l’on se console ici aussi avec une apparence de vérité: «Pourtant, par rapport aux temps anciens, beaucoup de choses se sont améliorées! Nous sommes venus à bout des destructeurs de vie infiniment minuscules qui se glissaient dans l’ombre, et nous trouverons aussi ceux qui sont encore cachés!».
Oui, l’intellect humain a accompli de grandes choses — et même s’il heurte toujours à nouveau des murs impénétrables, il a tout de même, en regardant ses succès, l’espoir d’être et de rester le maître. Néanmoins, on ressent que, quelque part, une brèche demeure, que les souffrances et la mort, à peine semblent-elles terrassées à un endroit, se sont relevées géantes à un autre. La durée de vie de l’être humain individuel a augmenté, l’âge moyen est devenu plus élevé — malgré cela, les maux augmentent continuellement — par exemple, l'on constate une augmentation effrayante de la tuberculose et du cancer. Des guérisseurs miraculeux, qui surgissent ici et là, sont assiégés par un nombre immense de malades abandonnés dont la statistique médicale ne tient plus compte et qui, dépérissant habituellement seuls de leur côté, sont soudainement là!
Ce problème d’un combat oscillant sans cesse contre les maladies a déjà occupé beaucoup d’esprits éclairés, et il est devenu clair pour beaucoup qu’il doit y avoir ici quelque chose qui échappe aux moyens appliqués jusqu’à présent ; qu’on ne fait pas grand-chose en combattant les agents corporels, matériels, des maladies — que la cause plus profonde des affections doit se trouver dans le domaine spirituel.
Beaucoup d’esprits éclairés se sont déjà prononcés pour que les causes primaires des maladies soient cherchées et éliminées — comme les dépressions, les idées fixes, un environnement mauvais et des conditions mauvaises qui pèsent sur l’âme, et d’autres choses similaires — avant de pouvoir songer à une guérison qui soit réellement durable. De même, les guérisseurs par la prière, les images saintes faisant des miracles, sont partout pris d’assaut et ils ont, sans aucun doute, aussi de vrais succès à manifester. La science exacte se trouve là à nouveau devant des énigmes et se console en évoquant l’autosuggestion, selon la Parole du Christ qui disait: «Ta foi T’a sauvé!».
Et il y a du vrai là-dedans — Jésus-Christ n’a d’ailleurs jamais prononcé une parole qui ne soit pure Vérité — seule la compréhension des êtres humains à ce sujet fait défaut! Quoi qu’il en soit, l'on pourrait retirer au moins ceci de tous ces événements: Que les maladies peuvent être combattues par la voie psychico-spirituelle, qu’elles doivent donc avoir leurs racines profondément dans la «Vie» qui est toujours restée insondable pour la science de l’être humain; dans cette Vie qui ne laisse explorer d’elle-même que le fait qu’elle se sert de moyens corporels et chimiques pour «s’exprimer», c’est-à-dire pour pouvoir agir vers l’extérieur. Le chercheur le plus instruit n’en sait pas plus sur elle et ne le saura jamais — ici s'applique sans restriction la phrase de Lenau, qu’il fait dire au chercheur devant un cadavre, lors de son autopsie: «C’est en vain qu’ici nous cherchons les traces laissées de la fugitive vie!».
Et le fait que les racines des maladies soient à chercher profondément dans l’insondable est aussi attesté par cette autre parole que tout le monde connaît: «C’est l’esprit qui se bâtit son corps!».
Et puisqu'il en est ainsi, il doit logiquement aussi se bâtir ses maladies! Cela ne doit pas seulement avoir de la valeur dans le sens où l’esprit de l’être humain s'est créé le corps humain actuel, plus noble, à partir du corps d’animal velu que l’on attribue à l’être humain primitif; mais cela doit aussi être valable pour chaque être humain individuel, et découle aussi du fait que, de la conformation de l’état corporel global, l'on peut conclure — et l’on conclut aussi — à la disposition du caractère, à l’état de l'âme, à la spiritualité! Mais c’est encore bien plus qui est dit là-dedans! Y gît la vérité que chaque être humain se crée lui-même les instruments corporels pour l’exercice des inclinations, des talents, des dons qui résident en lui! Le physicien/musicien l'oreille qui capte toutes les différences de sons les plus fines comme l’oreille spirituelle perçoit des harmonies que l’autre n’«entend» pas; le peintre l’«œil» qui voit ce que les autres ne voient plus, qui contemple des «formes» qui ne sont plus de ce monde, et d’autres choses encore. Et ainsi réside aussi dans ces mots le fait que l’être humain se crée aussi lui-même ses maladies!
Cela semble paradoxal! Dans la mesure où cela peut être ramené à ce qui est réellement constatable, c’est reconnu sans autre forme de procès: ainsi, par exemple, qu’un être humain s'attire une affection de l’estomac et des reins en buvant beaucoup de bière, ou une pneumonie en prenant un bain froid alors qu'il est en surchauffe — mais qu’il doive aussi être redevable à lui-même de la disposition à une tuberculose, cela va apparemment trop loin. Et pourtant il en est ainsi! C'est aussi les imperfections du corps que l'esprit de l'être humain se bâtit!
Certes, ne le comprendra jamais celui qui nie la préexistence terrestre et la post-existence spirituelle de l’être humain, celui qui ne sait ni ne veut savoir que l’être humain n’est pas sur Terre une seule fois pour son développement spirituel, mais plusieurs fois. Et il ne le saisira jamais, celui qui nie la post-existence spirituelle, car il nie alors aussi que le corps spirituel, le véritable «noyau» de l’être humain, n’est pas un sac vide, mais possède les mêmes organes que le corps terrestre visible montre à celui qui le dissèque, sauf qu’ils ont là une tout autre fonction, une fonction spirituelle à remplir!
Il est donc évident qu’un être humain qui remplit ces fonctions spirituelles de manière défectueuse ou pas du tout pendant sa vie terrestre va négliger, laisser dépérir ou amener à la dégénérescence les organes spirituels concernés (plus exactement: les organes astraux); or ceux-ci forment la base pour la naissance du corps terrestre, et celui-ci portera alors précisément les marques de la déchéance et de la dégénérescence spirituelles! Chacun est donc lui-même responsable de sa constitution spirituelle et psychique et de sa maladie, et par là même de tous ses actes. Il est lui-même responsable s'il est inférieur sous une forme quelconque! C’est l’esprit qui se bâtit le corps, dans le bien comme dans le mal, comme dans le défectueux!
De manière générale, ne peut atteindre l’être humain que la maladie dont il a lui-même posé le fondement spirituel! Pourquoi représente-t-on le diable «imaginaire» boiteux? Avec un pied de cheval? Pourquoi dit-on d’un être humain qui n’est accessible à aucune compréhension et ne veut accepter aucun enseignement qu’il est «un individu à la nuque raide» [un homme raide de col, entêté]?
Mais l'on s'étonne lorsque des être humains sont frappés par des maladies dont la nuque raide est la caractéristique marquante! Et lors de la création de l’être humain — c’est-à-dire lors de sa description dans la Bible —, il est dit à la fin: «Et IL insuffla dans ses narines un Souffle de Vie.»
Ici, la raison spirituelle de l’augmentation constante des «maladies des organes respiratoires» serait sans peine reconnaissable si on le voulait! Car cette parole biblique ne signifie rien d’autre que le fait qu’une partie principale de la vie spirituelle trouve son expression dans les organes respiratoires, et que l'on peut reconnaître à l’état de ceux-ci dans quelle mesure l’être humain faute contre l’être spirituel de lui-même, combien il le néglige! Si donc l’esprit de l’être humain n’est plus vivant — (l’esprit, pas l’intellect) — ce sont avant tout les organes respiratoires qui {en} souffrent!
Il en va de même pour l’augmentation des affections cancéreuses contre lesquelles aucun moyen efficace ne semble, jusqu’à présent, encore avoir été trouvé, car même les opérations, l’excision des parties malades, à la longue, n’aident pas. Ici aussi, c’est le péché contre l’Esprit — qui ne peut pas être pardonné parce que l’être humain qui néglige sa vie spirituelle commet, en fait, réellement un suicide — qui constitue la cause première de la maladie!
C’est la négligence de l’être spirituel au profit de la vie de l’intellect qui a, d’une manière générale, créé les maladies; sans ce fait il n’y aurait absolument pas de maladies graves parmi les êtres humains sur Terre.
Quels organes sont frappés par les maladies montre seulement le genre particulier de la faute commise contre l’Esprit de la vie vivante!
L’augmentation constante des accidents de la circulation se trouve sur la même page: La Loi - la première dans la Création, celle du Mouvement - a été transformée par l'humanité entière: d'un mouvement spirituel qui tire vers le Haut, vers la Lumière de la Patrie de l’être humain, en un mouvement purement extérieur qui a totalement couvert et presque complètement éliminé le mouvement intérieur proprement dit, ce «se-laisser-mouvoir» par ce qui est Saint (qui est toujours aussi identique au Guérissant/au Salutaire). Ainsi, ce mouvement totalement dévoyé, sans repos ni relâche — qui est «Verkehr» [circulation / repère étymologique avec verkehrt: à l'envers, pervers, dévoyé] — doit devenir de plus en plus dangereux; et cette menace a déjà pris des proportions mortelles dans les avions.
C’est ainsi que l’être humain apporte avec lui la disposition à ses maladies dans une nouvelle existence terrestre — et s'il ne reconnaît pas la cause première, la défaillance de son esprit, elle le frappera inévitablement, tôt ou tard selon l’âge de la faute, des disharmonies de son existence! Il n’est pas nécessaire pour l’individu d’être un grand criminel — il suffit de fauter simplement contre les Lois éternelles pour devoir finalement en être la victime!
Les indications sur ces faits sont nombreuses — elles sont aussi déjà pressenties, bien que pas tout à fait clairement reconnues; — cependant, l'on n’y prête encore à peine attention — et tant que l’individu ne le fera pas, le combat contre la maladie restera un combat sans fin! Mais l'Enseignement du Graal nous met cela clairement sous les yeux — il éclaire les coins les plus cachés — rien ne reste non éclairé!
Par elle, nous savons que chaque être humain apporte aussi avec lui la disposition aux blessures extérieures, comme celle aux maladies des organes internes, et que les parents — qui donnent à l’être humain la possibilité terrestre d'une nouvelle existence terrestre et par là l’occasion de «se convertir et de réparer/purger sa dette» — n’ont aucune responsabilité dans la disposition de leurs enfants, même s'ils peuvent, par inattention, déclencher beaucoup de choses plus tôt et ainsi eux-mêmes se charger d'une nouvelle faute! –
Si la vie de l’être humain n’est pas estimée et vécue en sa qualité d'être spirituel, elle ne viendra jamais à une bonne fin! Les maladies, non plus, ne cesseront jamais, mais ne feront, au contraire, que se propager!
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