Avec des moyens purs
Considérations sur l'époque contemporaine
Par le Dr Michael Georg Conrad, Munich
«Combien insensé devient {alors}, sous une telle considération, le principe de tant d'êtres humains, s'opposant à toute Pensée Divine, à toute Perfection, selon lequel "la fin sanctifie le{s} moyen{s}"! Quel fol charivari cela {ne} devrait-il {pas} apporter dans les Lois de la Volonté Divine, si elles pouvaient, de la sorte, être bousculées! Celui qui peut se faire ne serait-ce qu'une petite notion de la Perfection, à celui-là ne reste rien d'autre {à faire} que de refuser, d'emblée, de telles impossibilités.»
- Abdruschin –
Non, il n'est pas vrai que la fin sanctifie les moyens. Que l'on ne se fasse pas illusion à soi-même et que l'on se garde, par de tels procédés, conscients ou inconscients, d'entraîner autrui dans la faute par de faux prétextes. C'est ici le premier maillon d'une chaîne de crimes dans la vie individuelle comme dans la vie des peuples, quel que soit le prétexte invoqué de fins prétendument commandées ou permises. Pour le cœur sensible, cette considération historique devient une impulsion à l'amertume et à l'indignation; pour le froid intellect, une exigence de Véracité rigoureuse et de fermeté défensive; pour une volonté saine, une disposition au sacrifice héroïque pour le droit. Formule: Écrasez l'infâme![1] Écrasez la tête du serpent du mensonge!
Il est tout à fait intolérable que l'on ne dise pas calmement et ouvertement ce qui doit pourtant être dit dans l'Esprit Divin de Vérité et de combativité: La politique, cette "grande politique" célébrée, aussi bien que celle des "intérêts de clocher", vit de tromperie et de crime, de roublardise marchande et de lâches forfaits; elle pèche avec calcul et habitude, en pensées, en paroles et en actions, par l'emploi d'instruments et de moyens qui constituent un blasphème contre tout esprit et tout sentiment sacrés; au-dessus d'elle se tient le Jugement biblique de Dieu: Il ne lui sera pas pardonné dans toute l'éternité.
Qui est le peuple? Nous tous qui ressentons sa détresse commune. Qui est l'État? Nous tous qui sommes tenus et contraints de le servir de nos biens et de notre sang. Qui porte devant Dieu et devant l'humanité la responsabilité du peuple et de l'État de son pays? Chacun qui vit et travaille dans leur communauté, qui exerce son droit à l'existence sous leur protection, avec des moyens purs.
Ce que l'esprit du mensonge sème dans le cœur et l'esprit des individus et des peuples, et leur met en main comme moyen d'action, produit des effets diaboliques. Une pensée impie, si raffinée soit-elle dans le choix des moyens, si optimiste jusqu'à la témérité dans l'appréciation des fins, ne sera sauvée ni par une ruse d'avocat, ni par un salto mortel intellectualo-moralisateur, ni par un bavardage dévot roulant des yeux vers le Ciel.
Ainsi, la dureté du cœur issue de la criminelle dissimulation des mobiles, la fausseté et l'hypocrisie de la langue et du regard ont crû sans mesure dans la société et les relations humaines. Même pour des fins humainement légitimes, l'impureté des moyens est devenue la destructrice de toute Joie dans la réussite, par l'avilissement de soi et la contradiction entre la volonté et l'accomplissement. À l'inverse, la Parole de l'Écriture en témoigne: «Vous aviez pensé faire le mal, mais Dieu l'a changé en bien!». Mener pourtant à bonne fin de mauvais commencements, possédés par l'égoïsme terrestre et une folie délirante, vaut comme le Miracle de Grâce d'une Intervention supra-terrestre dans le cours naturel du Monde, rendue visible dans l'Histoire par une Disposition divine. «Quelle tournure de par la conduite de Dieu!» s'écriait pieusement l'empereur Guillaume Ier après les étonnantes victoires de son armée sur les champs de bataille français lors de la grande guerre de 1870-71.
Comme dans la vie des peuples, ainsi dans la vie individuelle, pour autant qu'il nous soit possible d'en saisir et d'en embrasser l'ensemble à travers tous les voiles et mystères de notre existence terrestre, si forte ou si modeste soit-elle. Dans la mesure où cela dépend de nous - et notre conscience nous en donne l'assurance -, les expériences de nos actes doivent se former à partir des moyens purs de notre volonté, afin que, dans la balance devant le Jugement de Dieu, nous justifiions notre être et notre agir. Donc, ouvrons les yeux!
Exemple: Le mensonge, inscrit par traité dans le diktat de paix de Versailles, selon lequel nous et les peuples qui nous étaient alliés porterions seuls la faute de la guerre et de toutes les atrocités commises! Que cette affaire soit considérée comme jugée - causa judicata -, solennellement recouverte de silence et de résignation, et qu'elle ne doive plus jamais être ré-ouverte devant aucun tribunal de l'histoire, si l'on veut que la réconciliation et l'apaisement des puissances ennemies réussissent et qu'une nouvelle guerre soit évitée. Plus généralement, toutes ces stipulations et tous ces diktats insensés, immoraux, assassins pour la culture, imposés par Versailles, Trianon, Sèvres, etc., par un usage inouï de la violence d'une partie adverse se faisant à la fois accusatrice et juge, et qui bafouent tout savoir progressiste sur les lois de la civilisation et de l'économie mondiale en temps de guerre comme en temps de paix, perpétrés par des gouvernements et des hommes d'État qui se rengorgent devant Dieu et devant le monde comme représentants de nations de haute culture et de gloire - de quoi vous tirer les larmes!
N'est-ce pas déjà, pour le regard superficiel, l'image d'un désolant retard et, pour une intuition plus profonde, un château en Espagne suspendu au-dessus de l'abime de la plus affreuse corruption, un exemple type de décadence politique et sociale, un appel au rire le plus amer à l'idée d'une victoire sur la dépravation française et anglaise en tout ce qui, pour l'homme sérieux d'aujourd'hui, devrait valoir comme exigence morale incontournable de toute culture?
Et quelle est l'attitude du monde ecclésiastique et religieux face à cela, de la papauté à Rome avec sa primauté, sa représentation de Dieu sur Terre, ses clefs pour lier et délier, son infaillibilité dans la décision de tous les conflits et de toutes les questions de morale et de foi dans la Chrétienté? Ne réside-t-il pas en lui la plénitude de tous les moyens purs pour délivrer l'humanité de la violence, de l'injustice, de l'oppression, du péché et de la faute? Ou bien la notion traditionnelle de Christianisme, d'Église, de religion, de dignité humaine est-elle déjà à ce point sortie de sa voie, que seules les conceptions les plus irrespectueuses sur ce point peuvent encore protéger l'homme moderne du soupçon de niaiserie pieuse et d'hypocrisie?
Cette année encore, l'"American Legion" est revenue des États-Unis en France, comme chaque année, pour se faire célébrer par les Parisiens et, dans une communion de fête avec les autres camarades de l’"association franco-américaine des anciens combattants", se laisser instrumentaliser pour entretenir convenablement la haine contre l'Allemagne et d'autres formes de chauvinisme. Une délégation de cette troupe de héros américains se rendit à Rome le 28 septembre 1927 pour recevoir au Vatican la bénédiction papale et se faire célébrer par le pape comme les «sauveurs de la vieille Europe». Mot pour mot: «Que ma bénédiction descende sur vous, sur les vôtres et sur tous les représentants de cette jeunesse forte et noble qui partit verser son sang pour sauver la vieille Europe» - et cette phrase finale de l'allocution papale fut soulignée et applaudie par toute la presse italienne et française. Et, dès le 8 octobre 1927, le journal parisien «Le Matin» pouvait encore y revenir, afin de constater, à propos de la cérémonie commémorative allemande de Tannenberg: «Dieu est le passé et l'avenir, et le représentant de Dieu sur Terre a prononcé son jugement sur les Allemands.».
Cette proclamation fit renifler d'embarras au Vatican, et, prestement, l'organe pontifical «Osservatore Romano» publia, pour rassurer les bons Allemands, qui ne devaient jamais se lasser de faire l'éloge de la diplomatie papale pendant la guerre mondiale: «Des journaux d'une certaine espèce ont donné aux paroles du Saint-Père, lors de la réception des combattants de la Légion américaine, une interprétation et une portée qui ne sont pas les vraies.».
Qui a donc raison? Dans le «résumé autorisé» qui suivit, dans l'Osservatore si diplomatiquement amoureux de la vérité, manquent tout simplement les mots relatifs au salut de la vieille Europe, lesquels avaient irrité les esprits allemands et ravi les jeunes coqs de vertu français, et le texte ne se lisait plus, de façon tout à fait inoffensive, que comme l'évocation de l'intervention décisive de la jeune Amérique dans les destinées du vieux monde. Bravo!
Et s'il en va vraiment ainsi de la religion et de l'Église, qu'en est-il alors de l'école et de la science, et de l'Art neuf fois sacré? Leur est-il, à eux aussi, indiffèrent que le bonheur de toute aspiration politique et économique ne soit qu'un faux bonheur et une erreur, que sa véracité ne soit qu'illusion, son objectivité et sa rationalité qu'imposture, que ses moyens prétendument purs ne viennent en réalité que du marécage du péché et que leur emploi ne serve qu'à une folie d'auto-illusion? Pour quel idéal l'un quelconque de nos peuples germaniques pourrait-il alors encore s'engager avec une noble ardeur passionnée, dans la foi en la Pureté, la Beauté et la Force de son être, héroïque jusqu'à la dernière goutte de sang, si toute fidélité s'est changée en infidélité, si le renoncement, le sacrifice et l'abnégation ne sauvent plus d'aucune ruine, si la fierté, pas plus que la patience et le silence, n'agissent plus comme des Vertus dignes de respect? Au bourbier! Renversement de toutes les valeurs! Qui ne frissonne pas devant une telle perspective?
Assez. Que le plus grave ne soit pas ici remué, en cet instant, ni dressé comme un crucifix, ni écrit, pour nos païens d'hier ou d'aujourd'hui de l'Ancien ou du Nouveau Testament, comme un «Mene Tekel Upharsin» tracé par une main spectrale sur le mur de leurs palais de débauche. Rien, pour l'instant, du combat des Latins de Mussolini contre l'âme allemande, de la fureur du romanisme contre le germanisme, du meurtre culturel dans le Tyrol du Sud... Rien non plus de l'indignité de cet art diplomatique mystérieux qui, malgré les expériences d'effondrement les plus terribles de la guerre mondiale, est aujourd'hui de nouveau recommandé et pratiqué de toutes parts, de Locarno à Genève, jusque dans les cabinets de Paris, Londres, Bruxelles, Berlin, et mené jusqu'à l'absurde dans les orgies de clameurs, de haine et de discours incendiaires prononcés lors des inaugurations de monuments par les surpatriotes et survainqueurs français et belges, de Poincaré à Jaspar et Broqueville. - -
Rien encore de ces puissances financières, des impossibilités destructrices et des obscurités, tant chez les vaincus de la guerre mondiale que chez ceux qui sont demeurés au-dessus de la mêlée, des difficultés ahurissantes qui trouvent leur unique racine dans les tentatives des politiciens de l'exécution à tout prix de mener à bien, par l'application littérale des paragraphes d'étranglement et de pendaison des diktats de paix, sur le sol marécageux du mensonge et du viol de la raison, un état durablement supportable de coopération de voisinage au profit commun de tous parmi les peuples meurtris de l'Europe, dans les déformations étatiques imposées du moment.
Cette idéologie diplomatique d'enfant substitué, qui dans son irrationalité, son absence de cœur et sa pauvreté d'esprit, ne peut être dépassée que par les folies les plus extrêmes d'un certain fascisme sacro-saint, semble, en effet, ne connaître aucun moyen trop stupide ni trop contraire à la nature pour vouloir forcer le passage, tête baissée, et atteindre son but, c'est-à-dire son absence absolue de but, dans une lutte de fous contre les Lois Divines de la Création. De cette décadence, de cette confusion babylonienne, de cette désacralisation, de cette dépersonnalisation, de ce nihilisme, naissent le bouleversement et la ruine de l'Europe entière. Dans l'ombre glacée de ce phénomène, ne se tient-il pas déjà le monde culturel d'aujourd'hui avec toute l'inexorable logique de ses terreurs?
Et l'observateur moderne pris isolément, qui se tient aujourd'hui dans l’âge mûr et qui a conservé la pleine puissance de ses sens, combien tout cela lui semble innocent dans le tableau du monde toujours plus compliqué qui a commencé à se former: il ne jette son regard en arrière sur les dernières décennies, avec leurs obscurcissements progressifs et leurs signes d'orage, que jusqu'au tournant de la guerre mondiale de l'an quatorze. Innocent, naturel, presque étonnamment aimable et simple, pareil a un jeu divertissant pour enfants, gâté par des attraits choisis, s'accomplit ce passage de l'ordre autoritaire de l'Empire à l'époque culminante wilhelmienne – «Je vous conduis vers un avenir magnifique!» - vers le chaos du bouleversement avec l'effondrement du front militaire, du cri d'armistice de Ludendorff depuis le quartier général, de la fuite de l'empereur, chef suprême de guerre, au-delà de la frontière, de la proclamation de la république par Scheidemann et Ebert à Berlin, Kurt Eisner à Munich, et de tout ce qui s'ensuivit, après quatre années de splendides victoires et de sacrifices héroïques, au pays comme au front, pour l'affirmation de soi face à un monde en armes. À quel "Européen" le cœur ne tremble-t-il pas encore à cette pensée?
De même, avec une simplicité presque étonnamment aimable et divertissante, comme pour des enfants en politique, alors que la plus grande partie du peuple du Reich allemand, dans une confiance aveugle en son bonheur de paix, selon sa disposition d'esprit et ses prévisions, était effectivement ainsi faite, s'accomplit, année après année, par la parole et par l'image, par le cinéma et par la presse, la propagande de guerre du monde ennemi - France, Angleterre, Russie - contre tout ce qui était allemand. Nous le remarquions, mais nous le tenions pour un sport nationaliste-chauvin de voisins jaloux. Nous sous-estimions le danger, principalement par un mépris louable des moyens immoraux, sales et vils de la diffamation effrontée, moyens par lesquels, faute de meilleures raisons et de méthodes plus efficaces pour le but recherché, la diplomatie ennemie liguée contre nous était depuis longtemps convenue de dresser le monde contre notre réputation et contre notre volonté de paix et de travail.
Il en allait exactement comme l'a solennellement déclaré notre président du Reich, le Feldmarschall [maréchal] von Hindenburg, lors de l'inauguration du monument national de Tannenberg, le 18 septembre 1927, lorsqu'il repoussa l'accusation sans cesse répétée de la culpabilité exclusive de l'Allemagne dans cette plus grande de toutes les guerres:
«Ce ne sont ni l'envie, ni la haine, ni le désir de conquête qui nous ont mis les armes à la main. La guerre fut bien plutôt pour nous l'ultime moyen d'affirmation de soi face à un monde d'ennemis, au prix des plus lourds sacrifices de tout le peuple. C'est avec un cœur pur que nous sommes partis pour défendre la patrie, c'est avec des mains pures que l'armée allemande a porté l'épée. L'Allemagne est à tout moment prête à en apporter la preuve devant des juges impartiaux.».
En vérité, il n'est guère possible de formuler plus simplement une injonction sérieuse à faire triompher la Vérité et la Justice devant le public mondial d'aujourd'hui, souille et dégrade, que cela n'a été fait ici, en une heure solennelle, par le premier citoyen du Reich allemand. Devant des juges impartiaux! Avec le moyen des preuves! Les yeux dans les yeux!
Mais que répond le ministre français de la Justice, Barthou, huit jours plus tard, à la réfutation par Hindenburg du mensonge sur la culpabilité de guerre, avec son offre d'une enquête menée par des juges impartiaux? Comment conçoit-il l'obtention d'un juste verdict pour consolider la paix du monde entre les puissances en conflit?
Voici la phrase décisive de son discours du 25 septembre 1927: «Le silence, que nous voudrions volontiers garder au prix de la justice, est la condition nécessaire du rapprochement qu'exige la paix du monde. C'est à ce prix seulement que nous pouvons oublier.».
Le monde marche sur la tête, l'Allemagne se tait, la France oublie ! Les mensonges diaboliques des articles 227 et 231 du diktat de Versailles demeurent a jamais incontestés, irrévocables, comme une vérité sanctifiée par l'histoire! Triomphe de la conscience du monde!
Mais il n'y a pas seulement ce rapport impossible d'asservissement de la France à l'égard de l'Allemagne, dont l'injustice refroidit chez bien des amis sincères de la paix l'amour de la réconciliation entre les parties en conflit ; ce sont, de façon générale, les fautes fondamentales de construction de la «nouvelle Europe», dues à la faute de la France, qui ne laissent plus notre vieux continent en repos. En Hongrie, dans les Balkans, dans tous les recoins et confins de la Yougoslavie, de la Tchéquie et de la Pologne, les frontières ont été tracées, au mépris de tous les droits naturels des minorités, par la volonté aveuglée de puissance et de profit des vainqueurs, qui se croyaient autorisés à fouler aux pieds les Ordres sanguins de Dieu et à rassembler en formations étatiques historiquement disparates des groupes ethniques culturellement doués et développés, afin de pouvoir, sous la camisole de force de la plus brutale domination, procéder au remodelage et à l'asservissement des esprits. L’on croit expédier d'un trait les anciens problèmes des peuples et les idéaux culturels, avec la libre langue maternelle, la libre administration de soi, l'école libre, l'Église libre, au moyen des abominables procédés de la police la plus archaïque. Déjà aujourd'hui, les Macédoniens tentent, selon leur propre aveu, «par les bombes et la propagande», de devenir maitres de leurs nouveaux oppresseurs dans la nouvelle Europe et d'assurer à leur force de volonté héroïque la victoire sur une basse et lâche répression. L'hégémonie sur la nouvelle Europe que recherche la France, au moment du rapide déclin de sa population autochtone et de son complément par hasardisation, n'est pas davantage une politique que ne l'était jadis le rêve napoléonien de domination mondiale: c'est une folie, née de la dégénérescence, d'un goût malsain de l'aventure et du mépris des Lois Divines de la Création.
Nous pourrions chercher et réunir des preuves pour notre thème des moyens et de la fin à la Lumière du Graal et de sa Sainte Lance, laquelle seule est capable de refermer la meurtrière blessure, dans d'autres domaines encore que celui des relations politiques entre les peuples, des rapports diplomatiques entre nations et de la guerre; par exemple, dans leurs transformations au sein de la conduite des affaires publiques, dans l'érudition, l'art et la science, l'administration de la justice et l'économie nationale, le système des partis et le parlementarisme, l'éducation et les mœurs, le cinéma et le sport, avec leurs nuances selon la race et le caractère des individualités propres à chaque peuple, ainsi que dans les questions de puissance sociale avec leur scission en domaines idéologiques et confessionnels. Il n'est pas de champ, pas de lieu, pas de recoin ou cet esprit du mensonge ne trouve refuge et ne se défende avec le plus grand acharnement contre son expulsion. C'est précisément parce que sa nature, en politique, devrait se faire sentir même au plus obtus et causer la plus brûlante douleur, avant qu'elle ne se soit incrustée et que l'abrutissement humain, par l'habitude, ait vite gagné du terrain, qu'il faut ici arracher ses infamies à la lumière, avec la plus grande persévérance.
Un exemple tiré de la presse quotidienne, dont elle se sert le plus commodément et le plus efficacement pour embrumer, de son souffle venimeux, les cerveaux des crédules, de sorte qu'ils ne soient plus capables de distinguer clairement entre moyens de lutte purs et impurs. C'était au début de la guerre mondiale, lorsque Anvers était tombée sous l'assaut des Allemands et était passée, pour toute la durée de la guerre, sous administration militaire confiée à l'un de nos meilleurs fonctionnaires allemands. La "Kölnische Zeitung" rapportait: «Lorsque la chute d'Anvers fut connue en Allemagne, l’on sonna les cloches des églises.». Naturellement, sous l'effet du pieux sentiment des communautés allemandes: «À Dieu Seul, au plus haut des Cieux, soit la Gloire!».
«Le Matin», à Paris, en tira la nouvelle suivante: «Selon une information de la Kölnische Zeitung, le clergé d'Anvers fut contraint, après la chute de la forteresse, de sonner les cloches des églises.».
Puis le «Times», à Londres: «Comme Le Matin l'apprend de Cologne, les prêtres belges qui refusèrent de sonner les cloches des églises après la chute d'Anvers furent destitués de leur charge.».
Aussitôt, le «Corriere della Sera», à Milan, poursuivit le tissage du mensonge: «Comme le Times l'apprend de Cologne via Paris, les malheureux prêtres qui refusèrent, après la chute d'Anvers, de sonner les cloches des églises furent condamnes à de durs travaux forcés.».
Alors «Le Matin» reprend encore une fois la parole et boucle le cercle du mensonge: «Comme le Corriere della Sera de Milan l'apprend de Cologne via Londres, il est confirmé que les barbares conquérants d'Anvers, pour punir les malheureux prêtres belges de s'être héroïquement refusés à sonner les cloches des églises, les suspendirent aux cloches, la tête en bas, en guise de battants vivants.».
Dès lors, le mensonge sur les atrocités de guerre commises par les barbares allemands - plus tard l’on dira les Huns! - put se répandre sans frein autour du globe. Qu'est-ce qui a changé jusqu'à aujourd'hui dans cette œuvre diabolique? Au mot mensonger succéda bientôt l'image mensongère, plus frappante encore, dans la presse illustrée de tous les pays ennemis. Ferdinand Avenarius en a rassemblé les preuves.
Après le journal, ce fut en France et en Italie le manuel de lecture de l'école primaire qui fut livré à l'esprit de mensonge du temps de guerre, pour remplir l'âme des enfants du poison de la calomnie et de la haine. D'après une communication du professeur Ehringhaus, à Cassel, qui s'appuie sur la «Freiburger Tagespost» (Suisse), il subsiste encore aujourd'hui cet incroyable fait qu'un manuel italien pour les écoles moyennes - il est intitulé «Alveare», c'est-à-dire «Ruche» -, également introduit comme livre scolaire dans le canton suisse du Tessin, contient aux pages 82-83 un mensonge sur une atrocité de guerre mettant en scène un enfant belge mutilé. Le poème d'Alessandro Previtera porte le titre: «L'enfant belge». Son contenu est le suivant: Un enfant dort doucement dans son petit lit. Laissez-le dormir tranquillement, ne le réveillez pas! Car lorsqu'il s'éveillera, il tendra en vain vers sa mère ses mains mutilées; alors il ne pourra plus jouer avec le chien bien-aimé, couché devant son petit lit et cherchant en vain les chères petites mains qu'il avait coutume de lécher. En dessous figure la remarque suivante de l'éditeur, le professeur Cioci, de Rome: «Chacun se souvient que, parmi les atrocités des Allemands en Belgique, figurait aussi le sectionnement des mains des enfants. Le poète montre ici un cas qui ne s'effacera plus de notre mémoire. Oh, ce chien qui cherche les mains blanches qu'il avait coutume de lécher est plus humain que les soldats allemands.».
Le poème lui-même est maladroit et chaotique; il n'a certainement pas été retenu, parce qu'il constituerait un modèle poétique, mais uniquement à cause de son contenu haineux.
Le livre a paru en 1920, donc à une époque où l'on avait déjà établi qu'aucun enfant n'avait été mutilé par des soldats allemands. Cela y figurait encore, bien que le ministre Nitti, compatriote du professeur Cioci, eût écrit dans son livre «Le déclin de l'Europe», page 148: «Nous savons aujourd'hui tous qu'il n'y a pas eu et qu'il n'y a jamais eu en Belgique d'enfants aux mains coupées, et que tout ce que les journaux et les agences télégraphiques ont répandu à ce sujet n'était rien d'autre que des mensonges de guerre.».
Notre président du Reich, Hindenburg, déclara encore en 1926 à un Américain, à propos de ce commerce de mensonges sur les atrocités, qu'il ne comprenait pas comment un homme raisonnable pouvait croire à ces histoires révoltantes; il les combattrait jusqu'à son dernier souffle.
Dans toutes les parties de la Terre s'élèvent aujourd'hui déjà des voix qui, au-delà du vertige et de la confusion des peuples, cherchent, par les raisons de la raison et du cœur, par la révélation dans la Volonté Créatrice Divine et par la science des races et de leur destination culturelle, à éclaircir de nouveau le regard pour la vérité et à remettre les idées d'aplomb, y compris chez les Français et les Anglais, les Italiens et les Américains. Des noms comme Nitti, Keynes, Bearnes, ainsi que celui du génial Germano-Américain Herman George Scheffauer, dont la fin fut si malheureuse, et d'autres témoins intrépides de la Vérité dans la littérature internationale, flottent aujourd'hui sur les lèvres de tous les hommes de bonne volonté dans le combat pour la Lumière et la Liberté.
L’on reconnait que l'un des moyens les plus insensés pour atteindre le plus insensé de tous les buts, parmi l'ensemble des objectifs de cette plus sanglante de toutes les guerres - à savoir la domination matérielle et spirituelle du monde par l'anéantissement du Reich allemand en tant que porteur de la culture germanique et de sa puissance économique -, consistait à regrouper les tribus sauvages d'Afrique en puissantes formations militaires et à les faire combattre, sous la conduite de la France, dans la lutte de la race blanche contre l'une des plus nobles nations de culture. La honte noire sur le Rhin parle d'elle-même sur le crépuscule des dieux de l'Occident et sur la banqueroute de toutes les théories péniblement apprises au sujet de la mission chrétienne et de l'art éducatif national.
Ici, dans la détresse du cœur, l’on voudrait vraiment éclater en ces paroles que Nietzsche a placées à la fin de son œuvre principale sur le renversement de toutes les valeurs: «Voulez-vous un nom pour ce monde, une solution, une solution à toutes ses énigmes? Une lumière aussi pour vous, vous les plus cachés, les plus intrépides, les plus forts, les plus minutieux? Ce monde est la volonté de puissance - et rien d'autre! Et vous-mêmes aussi, vous êtes cette volonté de puissance - et rien d'autre!».
Mais s'il fallait un témoignage en faveur de l'esprit de Paix et des moyens purs, qui, avec le progrès des temps, règne dans le peuple allemand de culture de façon plus forte et plus sincère que dans tout autre, il suffirait de jeter un regard sur son grand art et sa poésie, sur sa philosophie, sur sa musique qui subjugue les cœurs du monde entier, de Bach à Wagner, musique à laquelle aucun autre peuple n'a rien d'équivalent à opposer par son éclatante pureté et son inépuisable richesse. La Bataille d'Hermann de Kleist est la seule œuvre poétique moderne qui rende hommage à la guerre en tant qu'œuvre d'art; mais elle fut écrite dans une hâte brulante comme cri de vengeance du génie, en décembre 1808, lorsque Napoléon, dans le délire de puissance d'une monarchie universelle française à laquelle toute l'Europe devait être sacrifiée, et avec elle encore la moitié de l'Asie et de l'Afrique, avait jeté l'Allemagne à terre, tandis que la Prusse hésitait et vacillait sur la conduite à tenir, à savoir s'allier à l'Autriche et se défendre contre l'intrus latin.
Ce chef-d’œuvre dramatique ne parut en public que longtemps après la mort volontaire du poète, et lorsque les guerres de libération eurent été victorieusement menées à leur terme, il fallut encore une nouvelle agression de la France contre la terre et le peuple allemands épris de paix, dans sa déclaration de guerre à la Prusse en 1870, pour que l'œuvre trouve le chemin de la scène et devienne, grâce à l'art de la mise en scène des Meininger, une célébrité théâtrale, sans pour autant que son reflet des combats des princes allemands contre les légions romaines dans la forêt de Teutobourg, en l'an 9 après la Naissance du Christ, ait nationalement échauffé les spectateurs de théâtre. Les pitoyables princes de la Confédération du Rhin, qui auraient pu se sentir visés, en tête le plus détesté d'entre eux, le gros Fréderic de Wurtemberg, avaient entre-temps accompli leur propre œuvre en sombrant dans l'oubli de l'histoire.
Et Bertha von Suttner arriva, avec son roman «Bas les armes!», à l'heure juste, pour offrir aux croyants du pacifisme l'Église unique et salvatrice de la Société Allemande pour la Paix, et pour pousser à la cuisine les lièvres plus ou moins gras.
Mais comment parvenir, par des moyens purs, à la Paix du monde au sens du Sermon sur la Montagne: «Heureux les Artisans de paix, car ils possèderont la Terre!». La posséder vraiment comme lieu d'action et de manifestation d'une humanité et d'une communauté populaire dignes de ce nom? Et transformer réciproquement, dans les dispositions et les mœurs, cette possession de l'âme en une source de pure Joie créatrice, au cours d’une vie économique effectivement active? En allemand journalistique d'aujourd'hui: par un Locarno spirituel, par un désarmement moral, ou, pour parler avec Goethe: Parvenir à la plus haute culture par la piété comme moyen, avec la plus noble Paix de l'âme?
J'ai trouvé, dans un bulletin paroissial chrétien, cette information, que je voudrais textuellement reproduire:
«Un mouvement qui se donne pour but une œuvre de réconciliation entre les peuples sur un fondement strictement religieux est né en France sous la direction d’Étienne Bach, fils de pasteur protestant et ancien officier, qui reçut l'impulsion décisive de son changement de vie lors de l'occupation de la Ruhr. Il s'appelle «Croisés» avec la bonne foi des optimistes; non pas comme si quelque chose d'essentiel pour la réconciliation des peuples pouvait venir des êtes humains, mais ils fondent leur espérance sur la transformation radicale (pénitence) que produit la Foi authentique envers le Christ et qui seule fait de l'être humain un véritable Artisan de Paix. Le mouvement compte déjà des groupes dans différents pays et a déjà tenu sa troisième réunion internationale à Saint-Joy (Dordogne).».
Qu'il soit ici rendu hommage, avec estime, aux efforts du baron français Fabre-Luce et de sa société «Les Nouveaux Droits», qui, tout en reconnaissant la structure fondamentalement différente de la vie de l'esprit de sa nation dans la science, l'art et surtout la politique, recherche sans relâche de bonnes voies et de bons moyens pour entrer en contact fécond avec l'esprit du peuple allemand.
Que le sceptique objecte: «Les pensées vivent facilement côte à côte, mais dans l'espace les choses se heurtent durement», le convaincu répondra: «Les choses? Certes! Des problèmes qui paraissent relever strictement du domaine pratique et économique ont souvent reçu, grâce à la psychologie, une impulsion inattendue - la psychologie telle que l'ont enseignée Fechner, Wundt, Willi Pastor - la psychologie économique! Par une nouvelle appréciation de l'être humain, non plus simplement comme force de travail à traiter convenablement, mais comme l'un des biens les plus élevés de l'économie nationale! L'être humain comme organisme, avec la somme entière de sa constitution spirituelle et corporelle, au centre de toute économie populaire! L'être humain, qui vaut davantage et plus haut que toute la sagesse marxiste réunie!».
Mais que signifie donc un savoir humainement progressiste, tel que le recherche expressément notre revue «Der Ruf» [«L’Appel»]? En ce qui concerne les moyens purs de toute action ayant une valeur qui s'étend du jour à l'éternité, il ne s'agit ici assurément pas d'un savoir qui ne s'appuie que sur la loi scolastique de la causalité, afin d'arracher, à partir de la chaine des causes et des effets, avec toutes les limitations et toutes les illusions de l'entendement observateur et concluant, le secret de la vie réelle en une forme logiquement justifiable. L'entendement qui spécule avec des œillères, ou qui tourne en rond avec des fonctions scolairement délimitées et raisonne en circuit fermé, tandis qu'il n'est déjà plus capable de percevoir comment, dehors, la lande verte et fleurie se réjouit de la vivante diversité de son existence, cet entendement, à vrai-dire, n'agit pas seul. Là, zéro s'ajoute à zéro, et finalement il ne reste que le néant creux, parce qu'il manque le complément, le Ressenti, qui donne enfin à l'entendement sa plénitude, sa tenue, sa tension, sa certitude. Le Ressenti! Non pas la brume, l'exaltation sentimentale et l'inclination du cœur geignarde; non pas le mépris de la raison et de la science! Il existe, en effet, dans notre esprit, une pensée discursive et une pensée intuitive, et ce n'est que de l'harmonie des deux que naissent des Valeurs de Connaissance et d'Accomplissement pleinement valables, capables de soutenir l'éclat de la Nature Divine et de la Création.
C'est à cela que nous devons parvenir par des moyens purs: à ce que, sur toute la ligne, dans l'histoire, la politique, l'économie, l'art, la poésie, la philosophie, tout ce qui est sobrement objectif accède à la maîtrise ; à ce qu'il soit mis fin au verbiage de la sentimentalité, à l'ivresse de la célébrité, aux poses grandiloquentes, et qu'à la réalité compacte soient rendus, avec tout le respect qui lui est dû, son rang, son droit, son jugement. Salut à la Vie et à son honnêteté! Autrement, nul achèvement n'est possible face à la misère et à la détresse du présent éternel, face aux confusions et aux crises du quotidien, face à l'auto-destruction par les guerres, les atrocités de guerre, les mensonges de guerre, hier, aujourd'hui, demain!
Pour revenir à soi-même, l'individu comme son peuple, à sa mission propre et à sa signification dans l'image d'ensemble de l'humanité, pour approcher la personnalité accomplie, ce But le plus élevé de toute formation nationale et internationale supérieure: Car ni le temps ni la puissance ne mettent en pièces une forme marquée, qui se développe vivante» - c'est là que réside le grand But de l'humanité, but accessible seulement par des moyens purs, par la discipline de soi, non par l'égoïsme ni par l'infatuation de soi! Et honorer les grands dans tous les peuples comme ses propres grands maitres, et développer avec persévérance, à leur exemple, toutes les possibilités de sa propre croissance, sans équivoque!
Et que l'on en finisse enfin avec la dénégation de tout ce qui est allemand par les Allemands eux-mêmes, dans l'avilissement de leur propre être, alors que c'est précisément par son originelle humanité, sa beauté et sa multiplicité qu'il pourrait guérir un monde, et que, sortie de la décadence et du laisser-aller, l'époque pourrait retrouver la force d'une nouvelle résurrection des peuples!
Ouvrez l'Ancien Testament de la Bible et apprenez à comprendre le langage de l'ânesse de Balaam , si vous voulez, par des moyens purs, parvenir à comprendre la méchanceté du monde.
Ânesse de Balaam - Par Rembrandt
Ou bien ouvrez le livre de souvenirs de Winston Churchill, dans lequel l'homme d'État anglais, après s'être élevé à lui-même ainsi qu'à l'esprit du peuple impérial britannique un monument aux pieds d'argile et à la gueule sonore, a inscrit, à la fin, ce témoignage à l'adresse de l'Allemagne vaincue:
«Dans le domaine de la puissance, l'histoire de l'humanité ne connait rien qui puisse être comparé à l'éruption du volcan allemand. Pendant quatre années, l'Allemagne lutta avec défiance contre les cinq continents du monde, sur terre, sur mer et dans les airs. Les armées allemandes soutinrent leurs alliés chancelants; elles agirent avec succès sur tous les théâtres de guerre, elles se maintinrent partout sur les territoires conquis, et elles infligèrent à leurs ennemis des pertes plus de deux fois supérieures à celles qu'elles subirent elles-mêmes. Pour briser sa puissance et sa science, les plus grands peuples de l'humanité durent marcher contre elle. Des masses humaines d'une écrasante grandeur, des moyens illimités et des sacrifices sans mesure, le blocus maritime - tout cela n'avait pas atteint son but pendant cinquante mois. De petits États furent piétines dans cette lutte, un puissant empire fut réduit en lambeaux innombrables, et près de vingt millions d'hommes versèrent leur sang avant que l'épée pût être arrachée de cette main redoutable. Certes, cela suffit bien à l'histoire, pour vous autres Allemands.».
À l'histoire selon le délire de l'Angleterre, sans doute, mais non à l'histoire selon Dieu et son Royaume!
Abdruschin dit:
«{C'est} en exigeant {que} Dieu Se tient devant l'humanité, {et} non pas en appâtant et sollicitant, ni en Se lamentant et en S'affligeant. Tranquillement, Il abandonnera tous les mauvais, et même tous les hésitants, aux ténèbres, pour ne plus laisser exposer aux attaques les Aspirant{s} vers le Haut et {pour} laisser les autres vivre à fond {et} d'expérience tout ce qu'ils tiennent pour juste, afin qu'{ainsi} ils parviennent à la reconnaissance de leur erreur!».
Note:
[1] "Écrasez l'infâme!": En français dans le texte.