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Les deux Noëls - Conte de Noël 2014 - 2ème Partie

Publié le : 22/12/2019 14:32:01
Catégories : Contes & Fables Rss feed

Les deux Noëls


Conte de Noël 2014


Suite de la première partie

2ème Partie


À ces mots, soudainement, Noémie s’affaissa sur le canapé et se mit à vivement sangloter. Son intuition lui disait clairement maintenant que les paroles de Gaspard étaient justes, et elle avait soudain l’extra-ordinaire impression qu’elle avait toujours su ce qu’elle venait d’entendre. Elle avait juste été, jusque-là, la prisonnière volontaire d’un dogme; elle avait elle-même forgé les barreaux de la prison de sa fausse croyance! C’étaient des larmes hautement libératrices, en lesquelles à la honte de s’être si longtemps obstinée dans l’erreur se mêlait la Joie d’être enfin libérée. Les mots de la cantate de Bach ne cessaient de résonner dans son cœur: «Jésus, que ma Joie demeure!».

Un peu abasourdi au sujet de ce qui se passait, Pierre s’approcha d’elle et, lui prenant la main, s’assit à côté d’elle sur le canapé, et, en voulant, pour la comprendre, communier avec l’émotion de son épouse, en se réglant intérieurement sur elle, lui qui disait toujours «Je n’ai qu’un phare, c’est Rome!», il comprit soudain, lui aussi. C’était la Libération de près de deux millénaires d’errances théologiques qu’en ce jour de l’Avent Gaspard venait leur apporter...

Les trois enfants comprirent aussi alors, sans autres paroles, ce qui se passait chez leurs parents: un bouleversement conceptuel, qui leur faisait remettre en cause la foi dogmatique de leur enfance, qu’ils s’étaient aussi efforcés de transmettre à leurs propres enfants, c’est-à-dire eux-mêmes. Il leur était à eux encore plus facile de lâcher cette foi apprise, qui ne correspondait pas à la Logique des Lois dans la Création, et étaient maintenant, eux aussi, tout ouverts pour apprendre de nouvelles choses, des choses plus justes.

La barrière dogmatique étant tombée, toute la famille était désormais pleinement ouverte à accueillir ce que Gaspard avait encore à leur transmettre de plus précieux… C’est ainsi qu’ils apprirent des choses complètement incroyables…

Pendant des années, Gaspard avait habité en Autriche, et, plus précisément, dans le Saint Pays du Tyrol… Un jour qu’allant à Vienne pour son travail il se trouvait dans la vallée principale, il s’était arrêté, pour pique-niquer, au bord d’un grand fleuve, sur la rive duquel son attention fut attirée par un majestueux oiseau volant du Sud-Ouest en direction du Nord-Est, vers la montagne… Tandis qu’il le suivait du regard, son regard fut accroché par comme un petit triangle rose, entouré de quelques arbres, qui semblait posé là dans la montagne. Intrigué, Gaspard avait écarquillé les yeux, mais d’en bas il n’arrivait pas à voir plus, le triangle était trop petit. Étant donné que son rendez-vous à Vienne n’était que le lendemain matin, il disposait d’un peu de temps et il décida donc de partir en excursion vers le triangle rose, afin de voir ce que c’était…

C’est ainsi qu’il le rapporta:

- Je remontais dans ma voiture et m’efforçais de me diriger dans cette direction, qui, bien sûr, en ce paysage montagneux, de là où j’étais, ne pouvait être droite. Après avoir tourné plusieurs fois, je finis par arriver dans un village, à partir du centre duquel j’entrepris de prendre une route ascendante, grimpant vers un haut plateau en direction de la montagne. La petite route serpentait à travers la forêt, avant d’émerger sur le plateau. À partir du moment où je fus arrivé là je repérai rapidement «mon» triangle rose, garai ma voiture sur un petit parking, et terminai la route, dont la pente était devenue, encore plus raide, à pied. Une allée fleurie donnait accès à ce qui était en fait une petite Pyramide, qui pouvait avoir sept ou huit mètres de haut… L’endroit était tranquille. J’ouvris une petite barrière en bois et m’approchai… En face de moi se trouvait une porte avec une grille permettant de voir l’intérieur de la Pyramide. Il y avait un autel fleuri sur la droite et, bien que rien n’était indiqué, probablement une chambre funéraire en dessous. Cela devait être un tombeau. Le Tombeau dans la Montagne…

Par la suite Gaspard avait essayé de savoir l’enveloppe mortelle de qui avait bien pu être inhumée dans ce tombeau, et était allé de découverte en découverte. C’était un Allemand dont le corps avait trouvé là son dernier repos. Il était l’auteur d’une œuvre spirituelle que l’on pouvait se procurer…

C’est ainsi que Gaspard, en prenant connaissance de cette œuvre, avait découvert que, en réalité, Dieu avait deux Fils et non un seul, ainsi que cela est faussement proclamé dans le «Credo». Le Fils déjà connu des êtres humains depuis deux mille ans était Jésus, tandis que le deuxième Fils de Dieu avait jadis été annoncé par le Prophète Isaïe dans sa Prophétie relative à la Vierge donnant un Fils au Monde, que l’on appellerait ensuite Emmanuel: Dieu avec nous. En réalité, la Vierge par qui le Fils de Dieu avait été donné à la Création ne se trouvait pas sur Terre. Cet événement avait eu lieu, il y a des millions d’années, beaucoup plus haut, car il concernait non seulement la petite Terre mais bien toute la Création.

Le Royaume du Fils de Dieu Jésus, comme Il l’avait Lui-même très clairement dit à Pilate, n’était pas de ce Monde, puisque Son Royaume, en réalité, était celui se tenant dans la Proximité immédiate de Son Père. Par contre, celui de Son Frère Emmanuel, quant à Lui, était bien ce Monde-là: La Création, l’Univers! Et c’est Lui, Emmanuel, Qui en était le Roi! Gaspard venait de découvrir son Roi et il en était fort heureux!

Pendant longtemps les êtres humains avaient cru que le Saint Esprit était une Force que l’on pouvait déverser, alors qu’en réalité le Saint Esprit était, Lui aussi, une Personne, en réalité pas précisément la Troisième Personne de la Sainte Trinité mais plutôt la deuxième, car, en réalité, Il avait commencé à exister avant Jésus Lui-même, puisque la Création ne pouvait exister que par Lui. C’est Lui Qui déverse la Force, mais Il n’est pas Lui-même déversé!

Bientôt, l’on allait fêter Noël… Noël c’était la commémoration de la Nuit Sacrée, au cours de laquelle le Fils de Dieu Jésus était venu sur Terre en Mission de Secours. Cette Mission de Secours n’avait pas été prévue au départ, mais n’était devenue nécessaire qu’à cause de la chute des esprits humains en cours d’évolution dans la Création Postérieure. Si, en plus de ce qui était initialement prévu, Jésus n’était pas venu à ce moment-là, l’humanité entière aurait été irrémédiablement perdue. Il n’y aurait eu plus personne à sauver lorsque le Fils de l’Homme serait venu pour juger. C’était un Acte d’Urgence.

La Venue du Fils de l’Homme, au Temps des Moissons, par contre, était prévue depuis le Commencement. La Création étant l’Œuvre du Saint Esprit, il était logiquement et naturel qu’Il soit présent au Commencement et à la Fin du périple des germes d’esprits humains en cours d’évolution, car un Bilan était nécessaire au terme du Temps laissé aux germes d’esprits pour atteindre à la fermeté spirituelle dans la Création, ce que Jésus avait Lui-même déjà clairement donné à entendre dans Ses Paraboles, dont celle des boucs et des brebis, etc.

C’est alors que Frédéric demanda:

- Alors, il va y avoir un Jugement?

- C’est cela, confirma Gaspard. Ce sera le dernier Jugement, le Jugement Dernier.

- Mais qui a donné le nouvel Enseignement?, voulut savoir Olivier.

- Jésus nous L’avait annoncé: «Le Consolateur, l’Esprit de Vérité» - donc le Saint Esprit – «Lui, vous conduira dans toute la Vérité».

- Et Qui vient pour juger?, demanda Pierre. Est-ce que c’est le Même ou bien est-ce que c’est un Autre?

- Depuis la Venue de Jésus, il y avait deux Missions pour Lui et non plus une seule comme au départ, dit Gaspard, car, ainsi que c’est rapporté dans les évangiles, sur la croix, Jésus avait intercédé auprès de Son Père en disant: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font!». Ce fur la plus grande Prière d’Intercession de tous les temps. À la suite de cela Dieu le Père accorda que Son autre Fils, avant de venir juger, vienne d’abord, avant le Jugement, donner Sa Parole, une dernière fois à l’humanité pécheresse. Et c’est bien ce qui s’est passé.

- Mais l’humanité a-t-elle, cette fois, écouté Son Enseignement?, demanda Noémie.

Mais, en même temps qu’elle posait sa question, elle se rendit compte qu’elle connaissait déjà la réponse.

Gaspard lui dit simplement:

- A votre avis?

Noémie ne répondit pas; elle se contenta d’un demi-sourire.

- Gaspard ajouta:

- Jésus, inquiet de voir l’était spirituel des êtres humains à Son époque, avait déjà questionné en demandant: «Lorsque le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-Il encore la Foi sur Terre?». Il semble évident, maintenant, que Jésus avait raison de S’inquiéter, car la réponse est manifestement «non».

- Donc dit alors Olivier, mi-questionnant, mi-affirmatif, un autre Fils de Dieu est aussi déjà venu sur la Terre pour y apporter la Vérité?!

- C’est cela, confirma Gaspard.

- Alors, dit soudain Hélène, radieuse, Il est aussi né sur la Terre!

- Absolument!, dit Gaspard.

- Ce fit aussi un grand Evénement pour toute l’humanité!, continua Hélène.

- Certes!

- Il serait donc logique de le fêter aussi comme un deuxième Noël!

- Oui, convint Gaspard, ce serait tout aussi logique, car, spirituellement, cette Venue fut tout aussi importante que celle de Jésus.

- Alors, il faut une deuxième crèche!, dit Hélène.

- Ou mettre un deuxième bébé dans la même crèche!, dit Frédéric.

- Qui vous dit que le Fils de Dieu appelé Fils de l’Homme est aussi né dans une crèche?, demanda Gaspard.

Frédéric et Hélène durent reconnaître qu’ils n’en savaient rien. Gaspard leur raconta alors que le – selon le point de vue - premier ou deuxième Fils de Dieu était tout simplement né dans une chambre au premier étage d’une maison, comme la plupart des enfants à Son époque. Cette maison était, d’ailleurs, une auberge.

Apprenant cela, Olivier, qui était bricoleur, demanda s’il était possible d’avoir une photographie de cette maison. Gaspard en sortit une de sa poche et la lui donna. Olivier se mit tout de suite à construire une réplique miniature de cette maison, tandis que Frédéric était mandaté pour lui procurer les matériaux nécessaires…

Pendant ce temps-là, Hélène se mit en quête de trouver, dans sa volumineuse collection de poupées et de baigneurs, un bébé approprié, qu’elle emmaillota soigneusement dans des langes…

La maisonnette réalisée par Olivier, avec le concours de Frédéric, disposait même d’un éclairage électrique à l’intérieur des pièces et d’un toit ouvrant… Dans la chambre angulaire du premier étage un petit landau avait été placé, juste à la bonne taille pour contenir la réplique du bébé, et grâce à la lumière, même le toit refermé, il était possible d’apercevoir, par la fenêtre, le divin enfant dans son petit lit...

Tandis qu’ils étaient, tous les trois, dans ces préparatifs du Nouveau Noël, Noémie voulut savoir à quelle époque de l’année et à quel moment du jour, le nouvel Enfant Divin était né. Était-Il aussi né, la Nuit de Noël?

Gaspard expliqua alors que déjà Jésus n’était pas né le 25 Décembre mais plutôt, en tant que Natif de la Balance, au début du mois d’Octobre.

Quant à Son Frère, près de dix-neuf siècles plus tard, Il n’était pas, non plus, né au moment de l’ancienne fête romaine du «Sol Invictus» [«Soleil invaincu»] à l’époque du Solstice d’Hiver, mais en plein Printemps, à l’époque astrologique du Bélier.

- Et à quelle Heure?, questionna Pierre, à son tour.

- Vers Midi, répondit Gaspard.

- C’est curieux, remarqua alors Noémie, l’on dirait que tout est symétrique dans les Vies des deux Fils de Dieu: Printemps et Automne sont des saisons symétriques, Bélier et Balance sont des signes opposés, le Jour s’oppose à la Nuit, et Midi et Minuit sont aussi des heures opposées.

- Exactement!, confirma Gaspard. Tout est symétrique dans la Vie des deux Frères, car l’Un est l’Amour de Dieu, tandis que l’Autre est la Justice de Dieu.

- Alors, fit observer le père, regardant en direction de la crèche-maison que ses fils à lui étaient en train de construire, ce n’est pas forcément logique de célébrer en même temps les deux Naissances des deux Fils de Dieu, puisqu’Ils sont nés à des moments différents de l’année…?

- Effectivement, confirma Gaspard, il y aurait une plus grande logique à célébrer le deuxième Noël au moment du Printemps…

Entendant cela, les trois enfants eurent l’air désappointé. Ils étaient partis dans leur projet, sans même s’être préoccupés de cette considération pourtant de simple bon sens.

- Alors, nous ferons encore la Fête au mois d’Avril!, s’écria Hélène. Mais pour cette première fois où nous venons d’apprendre que Dieu a deux Fils venus sur la Terre, et non un Seul, je propose que l’on fête les deux en même temps. Cela n’est pas très important, puisque Aucun des Deux n’est, en fait, né au mois de Décembre!

Et Olivier ajouta:

- Noël c’est d’abord la Fête de l’Amour de Dieu pour les êtres humains, et les deux Venues des deux Fils de Dieu sur la Terre ne sont-elles pas, toutes les deux, des Manifestations de l’Amour de Dieu?

Toute l’assistance dut en convenir. Et c’est ainsi que, cette année-là, fusionnant avec l’ancien, le nouveau Noël fut en sorte que la Fête de Noël devint double… Double raison de se réjouir de l’infini Amour du Créateur pour ses créatures humaines le Lui ayant, jusque-là, si peu rendu…


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