La Musique - Ce qu'en disent les grands compositeurs - Par Alfred grégoire

Publié le : 18/02/2018 13:35:26
Catégories : Littérature Rss feed

 

CONCERT - CONFÉRENCE

 

L'INSPIRATION

 

"Ce qu'en disent les grands compositeurs"

 

Par Alfred GREGOIRE

 


La Musique a toujours joué un grand rôle dans la vie des peuples - rôle qui avait et a toujours comme but principal de faire vibrer les coeurs et d'ouvrir les âmes. En écoutant des oeuvres inspirées, nous ressentons souvent de la nostalgie, quelque chose d'inexprimable qui peut nous rendre heureux et nous faire oublier le côté matériel et éphémère de la vie de tous les jours. La Musique est capable de nous faire ressentir de la joie et de nous enthousiasmer. Peut-être sommes-nous à ce moment-là en contact avec cette Force éternelle dont parlent les grands Compositeurs et dont sont empreints les chefs-d'œuvres inspirés de l'art. Cette grandeur d'âme que nous y découvrons ne peut nous laisser indifférents, qu'il s'agisse des chefs-d'oeuvre de la Musique, de la Peinture, de l'Architecture et de la Littérature. Pour des milliers et même des millions d'hommes, l'art et surtout la Musique ont pu les aider à ressentir un souffle de grandeur, capable de nous élever au-dessus de la matière, en écoutant par exemple les passions de Bach, les œuvres de Mozart, Beethoven, Brahms, Wagner et bien d'autres, de nationalités différentes.

C'étaient des Compositeurs inspirés d'un niveau éthique très élevé. Que disait Beethoven par exemple, entre autres? Je cite:

"Le soir, quand j'admire avec étonnement le ciel et le nombre impressionnant des astres rayonnants, mon esprit s'envole bien au-delà des étoiles, jusqu'à la Source Eternelle d'où vient tout ce qui est créé et d'où s'écoulent sans fin de nouvelles créations. Oui! Il faut que cela vienne d'En-Haut, pour être capable de toucher les coeurs. Autrement la Musique n'est que notes froides, un corps sans âme".

Mozart composa de la même façon. Il disait un jour: "En composant, je me sens comme dans un beau rêve".

Haydn, avant de composer, priait et demandait la Force du Seigneur. Pour lui, composer était une sorte de culte, un rite. Il mettait son plus beau costume avant d'écrire de la Musique. Il disait:

"Je me mets en communication avec Dieu, et il faut que je sois habillé en conséquence".

Avant de parler de Brahms et de Richard Strauss et de leurs expériences vécues pendant les moments d'inspiration, un correspondant de la presse américaine, violoniste de surcroît, Monsieur Arthur Abell, déclarait dans son livre édité en Allemagne:

"Pendant mon long séjour en Europe de 1896 à 1918, il m'a été permis de m'entretenir de la question de l'inspiration avec Brahms, M. Bruch, Humperdinck, Puccini, Grieg, et Richard Strauss. Ces compositeurs m'ont révélé en détail ce qu'ils ont, en composant, ressenti spirituellement et psychiquement aux moments des impulsions créatrices".

L'entretien de M. Abell avec Brahms a eu lieu en automne 1896 par l'intermédiaire de Joseph Joachim, le célèbre violoniste et meilleur ami de Brahms.

Un sténographe expérimenté bilingue que l'Ambassade américaine de Vienne mettait à la disposition de M. Abell, notait textuellement l'entretien de trois heures avec Brahms. Brahms exigea que ses révélations sur l'inspiration ne soient publiées en aucun cas avant cinquante ans après sa mort.

Voici un extrait des déclarations de Brahms sur l'inspiration, qu'il faisait à M. Abell et à Joachim:

"Avant de composer, je pose trois questions, en toute humilité, à mon Créateur: "D'où venons-nous?" "Où allons-nous?", et "Pourquoi"? Je sens, instantanément après, des irradiations qui me pénètrent entièrement. Elles émanent de l'Esprit qui éclaire les forces de l'âme, et dans cet état second, je vois clairement ce qui m'est obscur dans un état ordinaire. Ensuite, je me sens capable, comme Beethoven de me faire inspirer d'En-Haut. Car Dieu est la Source vive, dont tout dépend".

Brahms continuait à cette même occasion:

"De grands auteurs et Poètes comme Gœthe, Schiller, Shakespeare et d'autres ont ressenti les irradiations Cosmiques des Vérités éternelles, parce qu'ils se sont liés à l'Energie infinie du Cosmos, c'est-à-dire DIEU. Toutes ces idées me préoccupent avant de composer, et ces méditations éclairent mon imagination ("phantasie") et permettent une communication avec cette même Force".

Brahms, répondant à une question de M. Abell lui posait:

"Bien des compositeurs travaillent uniquement, hélas, avec l'intellect; leurs compositions sont des productions du cerveau, mais il leur manque entièrement l'inspiration. D'autres ont de l'inspiration, mais manquent de savoir technique, ce qu'il faut évidemment aussi pour pouvoir "construire" une oeuvre, pour lui donner une forme digne de l'inspiration".

Quant à Richard Strauss, il s'exprime ainsi:

"Plus de 95% des productions actuelles contemporaines ne sont que travail du cerveau et, par conséquent, de courte vie".

Et, en parlant du véritable Art, donc des œuvres inspirées, le Message du Graal de Abdruschin nous dit:

«(...) L'Art! Chez celui-ci, l'intellect joue, maintenant, inévitablement le second rôle. Là où, cependant, l'intellect, en cela, gagne la suprématie, l'art s'abaissera aussitôt au rang de métier, il s'enfonce{ra} immédiatement  aussi, tout à fait indiscutablement, profondément {vers le} bas. C'est là une déduction qui, dans son simple naturel, n'est pas du tout possible autrement. Pas une {seule} exception ne peut y être démontrée.

Cette même déduction est, cependant, {bien} évidemment, aussi à tirer pour tout le reste! Cela ne donne-t-il pas, à l'être humain, à penser? Il doit, pourtant, lui tomber{, en la circonstance,} comme des écailles des yeux. A celui qui réfléchit ou qui compare, cela dit tout à fait distinctement que, pour tout le reste, ce que l'intellect domine, il ne peut obtenir qu'un ersatz, {que} le médiocre! A ce fait objectif, l'être humain devrait reconnaître à quelle place l'intellect, de par {sa} nature, appartient, si quelque chose de Juste et de Précieux doit naître!

L'Art seul est, jusqu'ici, encore né de l'Activité de l'Esprit vivant, de l'Intuition. Lui seul a eu une origine et un processus de devenir naturels, donc normaux et sains. L'Esprit ne s'exprime, toutefois, pas dans l'intellect, mais, au contraire, dans les Intuitions et ne se manifeste que dans ce que l'on désigne si communément par {le} "Coeur". Précisément ce que le si démesurément fier de lui-même être humain d'intellect d'aujourd'hui, {si} volontiers, raille et ridiculise. Il bafoue ainsi {le Bien} le plus Précieux en l'être humain, oui, précisément ce qui, de façon générale, fait de l'être humain un être humain!

Avec l'intellect l'Esprit n'a rien à voir. L'être humain veut-il, enfin, une Amélioration, une {bonne} fois {pour toutes}, en tout, {alors} il doit tenir compte de la Parole du Christ: {C'est} à leurs œuvres {que} vous devez les reconnaître! L'Heure est là où ceci va se produire!

Seules les Œuvres de l'Esprit portent en elles, de par leur origine, la Vie {et}, ainsi, Durée et Stabilité. Et tout le reste doit sur soi-même s'effondrer, lorsque son Temps de Floraison est passé. Aussitôt que les fruits correspondants doivent apparaître, la vacuité devient {alors} manifeste!

Considérez donc seulement l'Histoire! Seule l'Œuvre de l'Esprit, donc l'Art, a survécu aux peuples, qui, du fait de l'activité de leur - en lui-même dépourvu de vie - froid intellect, se sont déjà effondrés. Leur haut savoir, tellement vanté, ne put leur offrir, devant cela, aucun Salut. Egyptiens, [Juifs], Grecs, Romains suivirent ce chemin, plus tard aussi Espagnols et Français, à présent les Allemands, - cependant le{ur}s Oeuvres d'Art authentique{s} leur ont à tous survécu! Elles ne pourront, non plus, jamais périr. Personne, cependant, n'a vu la rigoureuse régularité dans l'événement de ces répétitions. Aucun être humain n'a songé {ici} à sonder jusqu'à la véritable racine de ce pénible mal." ("Il était une fois...!" - M81.)

Dans le même Exposé: «Il était une fois...», nous lisons:

«Ce sont trois Mots seulement, mais ils sont comme une Formule magique; car ils portent en eux la propriété de déclencher, en tout être humain, immédiatement, un quelconque Ressenti(r) spécial. Rarement ce Ressenti(r) est de genre semblable. Analogue{, en cela,} à l'effet de la Musique. Exactement comme la Musique, les trois Mots trouvent aussi leur Chemin directement jusqu'à l'Esprit de l'être humain, {jusqu'à} son véritable "Je". Naturellement, seulement chez ceux qui n'ont pas complètement enclos en eux{-mêmes} l'Esprit, et, de ce fait, déjà perdu la véritable Humanité, ici sur Terre.». ("Il était une fois...!" - M81.)

Mais revenons aux déclarations du Compositeur Richard Strauss qui ont trait à l'inspiration:

"Composer est un événement qui n'est pas facile à expliquer. Quand l'inspiration se fait sentir, elle est d'une telle pénétration et d'une telle subtilité - comme un feu follet - qu'elle se dérobe presque à une définition exacte".

"Pendant ces moments d'inspiration, j'ai certaine visions sous l'influence d'une Force supérieure. Je sens le contact avec la Source de la Force éternelle et infinie, dont les hommes et les choses dépendent. La Religion la nomme Dieu. Je n'ai pas la prétention, disait-il, de pouvoir expliquer une Force Cosmique, mais je sais qu'il est possible jusqu'à un certain point, de l'utiliser, ce qui devrait être pour nous autres mortels, notre désir principal.

La concentration représente une force extraordinaire, et la Puissance divine ne réagit que sur notre désir intérieur. J'ai la conviction que c'est une Loi, qui se manifeste dans tous les domaines comme conséquence des efforts spirituels des êtres humains...".

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CONCERT - CONFERENCE N°2

L'INSPIRATION:

CE QU'EN DISAIENT

LES GRANDS COMPOSITEURS

Par Alfred GREGOIRE


Lors de notre premier concert-conférence [voir texte précédent] j'ai parlé de Brahms, Beethoven, Mozart, Haydn et de Richard Strauss, qui déclaraient avoir été en communication avec la Force éternelle pendant leur inspiration. Ce sont des déclarations sensationnelles, malheureusement trop peu connues. Mozart, en composant "se sentait comme dans un très beau rêve". Beethoven disait que son esprit vibrait devant l'immensité de la Création, il sentait les irradiations de la Source éternelle d'où vient tout ce qui a été créé.

Brahms, dont un ami lui posait la question: "Comment vous mettez-vous en contact avec cette Force supérieure?" lui répondait:

"Voilà la grande question! Je n'y arrive pas par la force de la volonté, par les pensées superficielles et terre à terre. Ce n'est possible que par les forces de l'âme, le véritable "Moi" qui survivra à la mort physique. Ces forces sont inactives si elles ne sont pas éclairées par l'esprit".

Brahms avait un but précis quand il composait et un rituel bien défini "avant d'appeler la muse" comme il disait, et pour se mettre dans l'ambiance propice pour composer, avait coutume de se plonger dans des réflexions sur les grandes idées des poètes comme Gœthe, Schiller, Shakespeare, Milton, Tennyson, etc... Nous savons aussi qu'il connaissait à fond la Bible et ses vérités. Son imagination en était stimulée.

- "Quand je ressentais ces irradiations cosmiques supérieures", disait-il, "je savais que j'étais en communication avec la même Force qui a inspiré les grands poètes, de même que Bach, Mozart, Beethoven. Les idées que je cherchais en toute humilité pénétraient en moi avec une telle puissance et une telle vitesse que je ne pouvais en saisir que quelques-unes. Je n'étais pas capable de les noter assez vite, elles venaient comme de courts éclairs et disparaissaient instantanément, si je ne les notais pas immédiatement."

Il faut donc que le désir vienne de l'homme, s'il veut avoir un contact avec cette Force.

Richard Strauss l'avait bien constaté. Il déclarait:

"La Puissance Divine ne réagit que sur notre désir intérieur. J'ai la conviction que c'est une Loi qui se manifeste dans tous les domaines comme conséquence des efforts spirituels des hommes.".

Donnons la parole au Message du Graal:

"Réfléchis-Tu, par exemple, sur une chose quelconque, sérieusement, alors cette pensée devient, en Toi, fortement magnétique, par la force du silence, {elle} attire tout {ce qui lui est} semblable et s'en trouve ainsi fécondée. Elle mûrit et sort du cadre de l'ordinaire, pénètre même, de ce fait, aussi, dans d'autres Sphères, et reçoit, de là, un afflux de Pensées plus hautes ... l'Inspiration!" ("Le Silence" - M3)

"C'est ainsi que, lors de l'Inspiration, la pensée fondamentale doit sortir de Toi-même, au contraire de la médialité, {elle} doit former un pont vers l'Au-delà, le Monde Spirituel, pour, là, puiser consciemment à une Source."  ("Le Silence" - M3)

"Si seulement les êtres humains, au moins encore une fois, s'ouvraient suffisamment, de sorte qu'ils deviennent capables de pressentir quel Trésor, pour eux, repose dans cette Création! Un Trésor qui doit être trouvé et élevé par tout esprit humain, ce qui veut dire, qui doit être utilisé consciemment: La - par moi, si souvent mentionnée - Force Principale neutre. Elle ne connaît pas la différence entre le Bien et le mal, mais se tient en dehors de ces Notions, {Elle} est tout simplement {la} "Force Vivante"."  (M69)

"Tout vouloir d'intuition d'un être humain agit comme {étant la} Clef de la Chambre au Trésor et trouve {le} contact avec cette haute Force. Le bon vouloir comme le mauvais vouloir. Tous deux sont par la "Force" renforcés et rendus vivants, parce que Celle-ci accède immédiatement au vouloir d'intuition de l'esprit humain. Et seulement à celui-ci, sinon à rien. Le genre du vouloir, {c'est} l'être humain {qui le} donne, cela repose dans sa main, uniquement. La Force n'apporte ni Bien, ni Mal, mais Elle est simplement {la} "Force" et vivifie ce que l'être humain a voulu."  ("Dans le royaume des démons et des fantômes" - M69)

"Important est, en l'occurrence, toutefois, de savoir que l'être humain ne porte pas cette Force vivifiante en lui-même, mais en possède uniquement la clef dans la faculté de ses intuitions. Il est donc administrateur de cette Force créatrice {et} formatrice, qui travaille selon son vouloir." (M69)

Les compositeurs et d'autres créateurs inspirés ont employé cette Force pour créer, grâce à leurs facultés intuitives, des oeuvres immortelles qui rappellent aux hommes qu'il existe autre chose que "la danse autour du veau d'or", autrement dit le matérialisme qui, comme conséquence inéluctable, a amené l'éloignement de l'homme de son Dieu. En effet, seul l'art et les oeuvres inspirées par cette Force vivifiante ont survécu au temps et aux peuples qui se sont effondrés sous l'action de leur intellectualisme froid et dénudé de vie.

Mais je voudrais parler maintenant de Puccini, du compositeur d'opéra bien connu et de ses déclarations sur l'inspiration. Il est vrai que Puccini puisait à une source comme Beethoven, Mozart, Brahms et les grands classiques. Mais, à mon avis, son inspiration, néanmoins, est moins élevée que celle des très grands. Cependant, la musique de Puccini touche l'âme et le coeur à cause de la sincérité de son expression. Moi-même, j'eus l'avantage, dès mon jeune âge, de pouvoir jouer les opéras de Puccini dans différents théâtres, et cette musique m'avait déjà profondément touché à cette époque lointaine.

Puccini disait:

"L'inspiration est un thème difficile, impossible à définir, presque insaisissable. Je sens bien les idées inspirées, mais je ne peux les exprimer en paroles. Par mon expérience de compositeur je sais qu'une influence surnaturelle me rend capable de recevoir des vérités divines et de les communiquer au public par mes opéras. L'homme ne pourra jamais écrire une oeuvre de valeur durable, disait-il, sans l'aide divine. Dante, Raphël, Stradivari puisaient dans cette Force toute-puissante, une force extraordinaire qui fait vibrer l'âme. Elle est l'influence de Dieu.".

Et, parlant de son opéra: "La Bohême":

- "Quand le rideau se lève au premier acte, vous voyez la chambre misérable de... Puccini, musicien pauvre, quand il y habitait et qu'il était élève au Conservatoire de Milan. Chaque fois, en écoutant "La Bohême", je vois en esprit les cheminées mornes et toute la saleté qui empoisonnait ma jeunesse.

Je me nourrissais de pain, de harengs. Je grelottais de froid dans cette triste chambre - comme Rodolphe dans mon opéra - où je brûlais, comme lui, mes manuscrits, mes essais de composition, pour me chauffer. Je vous assure, lorsque, plus tard, j'ai écrit la scène finale de "La Bohême" - la mort de Mimi - pas un seul auditeur pu être davantage touché que moi-même. Je me suis effondré comme un enfant, ma douleur était si grande en composant cette scène.".

Richard Wagner a confié à son ami Engelberth Humperdinck, l'auteur de l'opéra "Haensel & Gretel", ce qu'il pensait de l'inspiration:

- "Pour commencer, Engelberth, je voudrais constater que l'inspiration est une chose évasive qui ne s'explique pas facilement et dont nous ne savons que très peu de choses. En effet, très peu d'hommes sont capables de puiser à cette Source, ce qui est sans doute la raison pour laquelle on en sait si peu à son sujet. Je suis convaincu qu'un courant universel de pensées divines parcourt les sphères et que celui qui les capte, c'est-à-dire les ressent, est capable de les recevoir par inspiration, à condition, toutefois, qu'il soit conscient de cet événement et qu'il ait le savoir et le talent de mettre en pratique ce qu'il a reçu, qu'il s'agisse d'un compositeur, d'un architecte, d'un peintre, d'un sculpteur ou d'un inventeur."

- "Ces paroles, Richard, contiennent une profonde sagesse, mais pourrais-tu m'informer sur tes propres visions de ce mystérieux univers, d'où tu puises tes propres inspirations?"

- "Pendant mon travail, Engelberth, ce n'étaient que de magnifiques et vivifiantes expériences vécues dans cette sphère de l'invisible que je vais essayer de te décrire, autant qu'il est possible:
Tout d'abord, je pense que cette Force universelle vibrante relie l'âme humaine à la Force centrale toute-puissante d'où est issu le principe de la vie et dont nous dépendons.

Cette Force représente pour nous la communication avec la Toute-Puissance de l'Univers dont nous sommes une infime partie. Si ce n'était pas ainsi, nous ne pourrions pas nous mettre en contact avec elle. Celui qui en est capable, sera inspiré."

- "Richard, que ressens-tu? Peux-tu m'exposer tes sentiments durant tes contacts avec cette Force supérieure?"

- "Volontiers, Engelberth. J'ai certaines visions dans un état proche de la transe qui est indispensable pour chaque véritable effort créateur. Je me sens uni avec cette Force vibrante, elle est omnisciente et je peux y puiser à la mesure de mes propres possibilités."

- "Pourquoi Beethoven pouvait-il s'approprier cette Force à un degré plus élevé que Dittersdorf [compositeur viennois], pour citer un compositeur de moindre envergure?", demanda Humperdinck.

- "C'est parce que Beethoven était beaucoup plus conscient de son harmonie avec la Divinité. Il avait un contact plus intense avec les irradiations qui émanent de Dieu."

- "Peux-tu m'expliquer, Richard, pourquoi Beethoven était capable de s'ouvrir à cette Source et d'y puiser son inspiration dont les productions ont fourni l'un des legs les plus précieux de l'humanité, alors que Dittersdorf n'obtenait que des productions de troisième catégorie?"

- "Je ne pense pas, Engelberth, que Dieu se révèle plus à l'un qu'à l'autre. D'après mon opinion, nous sommes tous égaux à la naissance par rapport à cette Force. Mais une éducation athée, par exemple, n'a jamais produit quelque chose d'une valeur durable."

D'après Wagner, nous sommes tous égaux à la naissance par rapport à cette Force. Il est intéressant de savoir ce que révèle le Message du Graal au sujet de l'origine de l'homme:

"L'être humain est, en tant que Germe d'Esprit (inconscient), plongé dans la Création. Ce Germe porte tout en lui pour pouvoir se développer en un Enfant de Dieu personnel{lement} conscient. En l'occurrence, il est, toutefois, présupposé qu'il ouvre et soigne, pour cela, les Facultés correspondantes, mais ne les laisse pas s'étioler." ("L'être humain et sa libre volonté" - M30.)

Chacun de ces germes d'esprit porte en lui à l'état virtuel des possibilités identiques à tous les autres, puisque ces germes sont issus d'un seul et même Esprit. Chacune de ces possibilités virtuelles porte en elle une promesse dont la réalisation interviendra nécessairement si cette possibilité est amenée à se développer. Mais à cette condition seulement!"

Ce n'est pas le rôle de cette conférence d'expliquer ces choses. Je pourrais vous en parler plus longuement une autre fois. Mais je voudrais vous citer ce que dit le poète de notre origine et de "Notre Chemin dans la Création":


"Destin humain
Comme Tu ressembles à l'eau
Du Ciel Tu descends
Au Ciel Tu retourneras.".


Pour terminer, quelques mots encore de Richard Wagner au sujet de l'inspiration. En écoutant "L'Or du Rhin", Max Bruch et Puccini s'étonnaient de la hardiesse avec laquelle Wagner employait pendant 136 mesures l'accord du mi bémol majeur sans discontinuer. Ils sont unanimes à déclarer qu'il fallait être un génie pour le faire.

Wagner venait de commencer son opéra "L'Or du Rhin":

- "Je me trouvais au lit", disait-il. "Soudainement, j'avais l'impression de me trouver allongé dans un torrent. J'ai cru être étendu au fond du Rhin. Je sentais l'eau en mouvement couler avec un mugissement autour de moi. Cette impression a pris corps dans l'accord de mi bémol majeur, qui commence avec le contre-mi bémol des contrebasses. Je me trouvais dans un état de semi-somnolence. En me réveillant, j'ai reconnu immédiatement que cette vision était inspirée et que mon prélude avait pris forme en mon for intérieur."

Max Bruch est surtout connu par ses concerto pour violon et orchestre. Que disait-il de l'inspiration?:

- "Lorsqu'un compositeur crée quelque chose de valeur, il se trouve en face de la Force Eternelle dont est issue toute vie et il puise alors dans cette Force vivante. En se concentrant dans le calme et la solitude intérieure, il doit attendre les indications de cette Force qui est supérieure à l'intellect. Sait-il établir la communication avec cette Force, il devient comme un projecteur capable de transmettre dans le monde visible - ou du moins pour le compositeur, dans le monde de l'audible - l'indéfinissable et l'invisible. C'est la même Force à laquelle Bach et Beethoven ont puisé. Tous les compositeurs en dépendent s'ils veulent créer quelque chose de valable."



Alfred Grégoire

 

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